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Fr. 339

June 9, 2013

Comment accorder l’affirmation deleuzienne que la détermination de la mathesis universalis est vouée à la vétusté même à l’intérieur de son propre domaine et celle guattaro-deleuzienne que la philosophie n’est ni contemplation ni réflexion ni communication et que la philosophie a toujours été d’ordre de la création immanente? Reconnaissent-ils implicitement que leur détermination sera remplacée par une autre ayant même droit? S’ils accordent ce privilège d’évolution à la mathesis universalis dans d’autres domaines, pourquoi pas la philosophie?

Cela rappelle l’analyse d’Alasdair MacIntyre à la page 270 d’After Virtue:

“What we aspire to is not a perfect theory, one necessarily to be assented to by any rational being, because invulnerable or almost invulnerable to objections, but rather the best theory to emerge so far in the history of this class of theories…the possibility has always to be left open that in any particular field…some new challenged to the established best theory so far will appear and displace it.”

Cette affirmation double, de la force explicative et de la possibilité d’être dépassée, s’applique sans doute également à la métaphilosophie guattaro-deleuzienne. En effet, dans son ouvrage Concept et méthode, Cherniavsky n’est pas loin d’une telle conclusion quand il soutient, par exemple, que le fait d’accepter certaines conclusions de la métaphilosophie deleuzienne fait qu’on est déjà au sein de la philosophie deleuzienne. Impossible d’être commentateur sans être par là même deleuzien, en quelque sorte. Ce pourquoi la présentation de Deleuze comporte deux modes, celui à portée universelle ainsi que celui à portée locale, à savoir l’univers philosophique deleuzien.

Si Cherniavsky a raison de souligner combien l’auto-compréhension d’une philosophie nécessite la réorganisation du champ entier de la philosophie, à savoir ce qui la précède ainsi que ce qui la suivra, reste qu’il ne met pas l’accent sur la raison pour laquelle la situation doit être ainsi. Pour lui, le fait que la philosophie soit totalisante lors cette réorganisation exige que celle-là ne soit pas totale, ne comprenant pas la philosophie entière. A contrario, la philosophie est à la fois totalisante et totale. Totalisante quant à sa pratique. Totale quant à son effet. Car il reste que la métaphilosophie guattaro-deleuzienne présente la meilleure explication jusqu’ici du rapport qu’une philosophie entretient à une autre et cela en raison des notions d’exprimable et de condition, deux notions qui sous-tendent mais manquent à la présentation de Concept et méthode. Le mérité de la métaphilosophie guattaro-deleuzienne consiste à avoir mis à jour la condition totalisante qui permet néanmoins une expression et une détermination totales, qui, grâce à cette même condition, échappe toutefois à l’affirmation trop forte.

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