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Fr. 666

September 1, 2015

I: Introduction

Dans “Réponse à la question: Qu’est-ce que les Lumières?”, Kant se donne pour tâche de garantir “la plus inoffensive de toutes les libertés, celle de faire publiquement usage de sa raison en toutes choses”. Les enjeux sont clairs pour Kant : seul l’usage public de la raison peut à la fois promouvoir et propager l’autonomie de la personne, la marque même des Lumières et de l’époque moderne. Pour arriver à cette fin, Kant envisage des changements dans la configuration de la société et dans l’ensemble de pratiques discursives qui la composent. En effet, ces derniers comprennent le sujet même de notre intervention: la configuration sociale et l’ensemble de pratiques discursives prévus sont-il réellement en mesure de promouvoir l’autonomie et la liberté de la raison? Ou bien finissent-ils par entraver précisément ce qu’ils mettraient en valeur?

Notre réponse consistera en plusieurs étapes. Il s’agira d’abord d’esquisser la configuration sociale et l’ensemble de pratiques discursives tels que Kant les présente dans « Lumières » avant de passer, dans une deuxième partie, à une critique menée par Jeffrey Stout, professeur de philosophie et religion à Princeton University. Si Kant voit dans la distinction entre usage public et privé de la raison une base capable de régir le discours public autonome ou, au moins, de délimiter le bon discours du mauvais, Stout s’y oppose fortement et cela pour deux raisons. D’une part, l’autonomie kantienne présupposerait et dépendrait d’une vision particulière de la personne et de la nature humaine. D’autre part, un discours public dont les limites sont déterminées par avance et indépendamment des interlocuteurs ne serait nullement autonome ; l’usage de la raison ainsi normalisé finirait dans l’incohérence. Tout en admettant les reproches de Stout, on évaluera la tentative de Onora O’Neill, dans son ouvrage Towards justice and virtue, d’axer l’autonomie kantienne (et la configuration sociale et l’ensemble de pratiques discursives qu’elle implique) sur des principes non-substantialistes modaux. Ceux-ci permettraient d’éviter et la référence à une vision quelconque de la personne et le figement du discours public selon la distinction usage public-privé. Une courte conclusion permettra de déterminer la viabilité du projet kantien de nos jours.

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