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Fr. 777

April 26, 2017

Caractère empirique ou intellectuel ? Kant et Rawls sur l’identité individuelle

Dans un monde où le pluralisme et le multiculturalisme occupent une place toujours croissante, la psychologie morale et la délibération éthico-politique sont-elles susceptibles d’une exposition générale, valable pour tout être humain ? Ou bien le caractère et l’identité individuelle résistent-ils à la conception cosmopolitique de la personne ? Si la distinction entre le caractère empirique et le caractère intellectuel qu’esquisse Kant dans La religion dans les limites de la simple raison permet de rendre compte de l’origine du mal et de la responsabilité de la personne, l’on pourrait également y lire l’ébauche d’une réponse kantienne aux questions de la psychologie et de l’identité individuelle. Car, dans l’optique de la philosophie pratique, la personne devrait assumer son caractère empirique comme découlant entièrement de son caractère intellectuel librement choisi. Loin d’être un produit social né des circonstances contingentes, le caractère empirique ne saurait être considérée comme autre chose que le produit du libre arbitre et de la spontanéité absolue de la raison. Une fois transposée sur le terrain éthico-politique de l’identité individuelle, que ce soit culturelle, ethnique, religieuse, linguistique ou autre, cette distinction mettrait fin, en théorie, au discours identitaire dans la mesure où celui-ci résulterait de l’incapacité des personnes d’assumer la charge de leur caractère. Du moins, telle serait notre hypothèse. Afin d’y apporter une réponse plus complète, il faudra une démarche en trois parties : 1.) isoler chez Kant le sens de la distinction entre les caractères empirique et intellectuel en vue d’une première application à la question de l’identité individuelle ; 2.) faire le rapprochement avec le traitement de cette distinction par John Rawls dans la neuvième leçon de ses Leçons sur l’histoire de la philosophie morale, en vue d’une deuxième application à cette même question; 3.) en faire la comparaison pour déterminer laquelle est plus adéquate entre celle d’inspiration kantienne directe et celle indirecte. De cette comparaison découlerait une réponse approximative à la question si le caractère et l’identité individuelle auraient, tant pour Kant que pour Rawls, un rôle à jouer dans la conception de la personne, la délibération et la justification éthico-politiques.

 

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